L'Académie Francaise AMSEA, fondée et présidée par Christophe SOULIE, à pour but le développement des Arts Martiaux du Sud Est Asiatique; Kali. Silat. Panantukan. Majapahit Martials Arts, à travers l'enseignement, la formation et toutes autres diffusions.

Historique des AMSEA

    

  

Arts Martiaux du Sud Est Asiatique

       

Comme pour de nombreuses disciplines martiales, l'historique des arts martiaux philippins tire ses racines dans des légendes, des anecdotes, des croyances et des faits de guerre. Il repose quoi qu'il en soit sur des faits historiques, ainsi que sur ses innombrables aspects techniques et pédagogiques qui s'expriment à travers de nombreux styles et écoles.

     

Le peuple philippin

 

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Les recherches paléontologiques et ethnolinguistiques tendent à démontrer que l’origine des habitants des Philippines est multiple. Le peuplement de l'archipel s'étalonne sur 30 000 ans avec des vagues successives. La première série de migration voit l'arrivée des Australoids; leurs descendants actuels sont les Negritos, Batacs ou Eta, reconnaissables à leur pigmentation très foncée, et des traits rappelant les aborigènes d'Australie. La seconde vague de migration datant de 5 à 6000 ans est constituée de peuples que les anthropologues désignent par le terme « Mongole du sud » ou « Laymen » ou encore « Austronésien ». La racine commune des langues de l'archipel est rattachée au type Austronésien. Il est intéressant de noter que chacun de ces groupes ethniques a conservé une culture guerrière très spécifique. A l'arrivée des Espagnols, au 16ème siècle, les différents peuples des Philippines ont recours à des armes différentes d'une tribu à l'autre.

C'est dans ces vagues de migrations successives que l'on trouve la diversité des influences martiales : polynésienne, malaise, indonésienne, chinoise, japonaise, européenne et enfin, plus récemment, américaine.

   

Origines et influences

  

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Elles peuvent êtres le fait de nombreux groupes ethniques ou de tribus ; d’échanges avec des partenaires commerciaux ; subit ou intégrées qu’il s’agisse de vagues de migration, d’invasion ou de colonisations.

Durant la dynastie Tang au 9ème siècle, existaient des relations commerciales entre la Chine, la péninsule Malaise et les Philippines. A cette époque, les commerçants et immigrants de Chine amenèrent aux Philippines leur système de combat, le Kuntao Hakka. Ces systèmes, tout comme le Silat Malais, auront fortement influencé les Arts Martiaux philippins.

 

Majapahit

 

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Deux principales vagues migratoires suivirent, la première sous l’Empire Srividjayan), et la seconde à la fin du 13ème siècle sous l’Empire Majapahit. Ces immigrants sont les ancêtres des Philippins musulmans de Mindanao et de Sulu. Au cours du 13ème siècle, l’Empire Javanais Majapahit s’étend jusqu’aux îles Maharlikas (nom des îles Philippines avant l’invasion espagnole). Les guerriers Majapahit pratiquent alors leurs styles de Pencak Silat, le Tjakalele Silat indonésien et le Silat Melayu malaisien.
   
   

Le Majapahit fut l’âge d’or de la culture malaise, comprenant les régions appelées aujourd’hui  l’Indonésie, la Malaisie, Brunei, le sud de la Thaïlande, le Cambodge, et enfin les Philippines.

 

Les arts du Majapahit (arts martiaux du sud est asiatique)

 

- Les Arts Martiaux philippins (Kali, Arnis, Eskrima, Silat Kuntao)
- Le Pencak Silat indonésien
- Le Seni Silat malaisien
- Le Muay Boran (boxe Thaï Traditionnelle)
- Le Krabi Krabong (système d’armes Thaï)
- Le Tomoi (boxe Malaisienne traditionnelle)                                          
- Le Myanma yuya louvi  (boxe birmane traditionnelle)
- Le Bokator cambodgien  

 

L’influence Espagnole

   

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En 1543 commença la colonisation des îles Maharlikas par les Espagnols, qu’ils nommèrent Philippines en hommage au Roi Philippe II d’Espagne. Les Espagnols rencontrèrent de grandes difficultés dans leur volonté de soumettre les habitants de ces îles. Ils durent avoir recours à leurs armes à feu pour faire régner l’ordre nouveau. Ainsi, les îles ne furent sécurisées qu’en 1570. Lorsque la domination espagnole fut finalement établie, les conquérants voulurent bannir l’enseignement des arts martiaux, et en 1764, le port des armes blanches fut interdit dans le but de faire cesser les attaques de soldats espagnols. Le régime espagnol eu recours à l’application de lois et de décrets royaux destinés à limiter voire d’interdire l'utilisation des armes par les populations autochtones Les arts guerriers rentrèrent alors dans la clandestinité.

   

L’art du combat refit peu à peu surface, d’abord sous forme de danses rituelles, appelées "Sinulog" ou karenza»" Durant plus de trois cents ans d’occupation, de nombreuses escarmouches et batailles opposèrent colons et autochtones. A partir de ces expériences et d’observations, les systèmes de combat philippins évoluèrent, de plus en plus influencés par les techniques espagnoles et des autres mercenaires européens (Italiens et Français). Mais ce fut surtout l’art de la rapière (épée) et de la dague qui eut la plus grande influence. On peut encore retrouver, dans de nombreux styles, les techniques  d’ « Espada y Daga » sous la forme d’exercices avec un bâton et un couteau, ou d’une arme longue couplée avec une arme courte, ainsi que dans l’utilisation des angles d’attaque et dans certains concepts tactiques de déplacements et de distances. Cette influence se retrouve aussi dans l’utilisation importante de l’espagnol pour de nombreux termes techniques utilisés dans l’enseignement.

 

Indépendance des Philippines

 

Après la déclaration d'indépendance de la République des Philippines le 4 juillet 1946, les arts de combat perdirent quelque peu de leur importance. C'est seulement au sein de quelques familles que l'art du combat philippin a continué à être pratiqué et enseigné. Après la seconde guerre mondiale, de nombreux Philippins émigrèrent en Amérique, notamment à Hawai et en Californie où ils continuèrent à pratiquer et à transmettre l’art de leurs écoles.

Aux Philippines, les arts martiaux traditionnels vont également se structurer. En 1954 l’Arnis est enseigné dans les lycées de Manille. En 1957 Placido Yambao, vétéran de plusieurs combats au stade olympique de Manille, écrit le premier livre sur L’Arnis

En 1972, le gouvernement philippin a inclus les arts martiaux philippins dans le "Palarong Pambansa" ; ou arène de sport national. Le ministère de l'éducation, de la culture et des sports l'a également intégré en tant qu'élément du programme d'études de l'éducation physique pour le lycée et les étudiants universitaires. La connaissance des arts martiaux philippins est primordiale parmi les groupes militaires et la police (le Pekiti Tirsia fait partie intégrante de leurs formations)

 

Promotion

 

Guro Dan Inosanto

 

Ce n’est qu’en 1969 que l'existence des arts martiaux philippins fut révélée aux occidentaux par Donn F. Draeger et Robert W. Smith dans Asian Figthing arts.

En 1980, Dan Inosanto présentera un ouvrage sur les arts martiaux philippins qui touchera un large public. C’est aussi à partir de cette époque que l’on commence à désigner cet art martial sous le nom de « kali Eskrima», dumoins en Europe et aux Etats Unis. 

Les arts martiaux philippins commencèrent à se développer aux Etats- Unis puis au niveau mondial notamment grâce aux recherches, et à l’influence de Dan Inosanto qui va former de grands instructeurs au sein de l'Inosanto Académie de Los Angeles. Ces élèves ainsi formés vont parcourir le monde pour faire la promotion de ces arts, et à leur tour former des instructeurs, dont de nombreux européens.   

C'est en effet dans les communautés immigrées aux USA que l'eskrima va prendre son essor, grâce à des américains d'origine philippine tel que Dan INOSANTO. Avec le développement des sports de combat, une nouvelle ère voit le jour, sans pourtant faire disparaître les formes anciennes dans une culture ou le combat reste une valeur sociale et l'art martial un enjeu d'identité social mais aussi un symbole de rassemblement national.

On peut d’ailleurs considérer que le travail de ces « maîtres modernes » tend à sauvegarder l’essentiel de ces cultures martiales, même si reproche leur est parfois fait de l’avoir « adapté » au contexte social, ce qui semblait être une nécessité pour le meilleur développement possible.    

 

A l'international  

 

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L’année 1970 voit la création de la World Escrima Kali Arnis Federation (WEKAF) et qui donnera lieu au premier championnat du monde à Cebu City en 1989.  

 

IKAEF

Toujours dans cette volonté d’organisation et de développement c’est la création de l’« European Kali Arnis Eskrima Federation » EKAEF, présidé par Bob Breen, l’un des tout premier élève européen de Dan Inosanto et pionnier du Kali et du Jeet Kune Do en Europe. 

C’est donc dans les années 80 que les représentants des différentes écoles et style formèrent les premiers instructeurs européens qui allaient faire connaître ces disciplines au grand public.

Dès lors, les élèves instructeurs français des différents experts mondiaux et européens vont participer du développement et de la notoriété de ces disciplines en ouvrant des clubs, en organisant des séminaires et la venue d’instructeurs de renommée, travaillant ainsi à organiser la pratique sur le sol français. De ces initiatives vont naître différentes structures visant à développer la discipline.  

 

La Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées  

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A la même époque, Alain SETROUK, haut gradé du Karaté et pionner du Kyokushinkai en France découvrit ces disciplines. Il donnera ainsi l’opportunité à des instructeurs philippins et français de promouvoir l’Arnis- Kali- Eskrima en enseignant à son dojo.

Passionné par ces disciplines qu’il connaît et qu’il pratique, Alain Setrouk va, en 2002, proposer et initier la création d'une commission des arts martiaux du sud est asiatique au sein des disciplines associées de la FFKDA. Elle regroupera entre autre le Kali eskrima et le Pencak Silat.

La FFKDA, dans sa volonté d’assurer un fort développement de ses Disciplines Associées, offre un support de choix aux instructeurs et représentants de clubs pour garantir leur meilleur développement possible, tant sur le plan du suivit des pratiquants, que sur celui de la formation de ses cadres. C'est donc le choix qu'on fait de nombreux pratiquants que de rejoindre à l'époque ce mouvement.

   

Terminologie

      

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Eskrima  tire vraisemblablement son origine du mot espagnol « escrima », qui est le terme désignant l’escrime.

D'autres termes, entrés dans l'usage courant, comprennent notamment celui de"Kali". Avec Eskrima et Arnis, ils sont parmi les noms utilisés en France. Le nom de Kali, principalement utilisé aux États-Unis et en Europe, est rarement, voire non utilisé aux Philippines. Mais en raison de la popularité du terme en dehors des Philippines et l'influence des praticiens étrangers, le terme Kali est de plus en plus reconnue et acceptée dans ces Iles. Toutefois, pour toutes fins utiles, Eskrima, Arnis, Kali et Filipino martial arts se réfèrent tous à la même famille de ces arts martiaux du sud est asiatique.

 

Les aspects techniques

 

Ces dernières années, ont vu un regain d'intérêt pour les arts martiaux de toutes les cultures du monde : Kali arnis Eskrima, Capoeira, Muay Thai, Jeet Kune Do, Krav Maga et autres. En conséquence, de nombreux systèmes d’Eskrima ont été adaptés (à des degrés divers et dans une certaine mesure) afin de les rendre plus attrayants, compréhensibles et praticables pour un public plus large. Cela ne signifie par pour autant que les différents promoteurs en ont oublié l’aspect culturel et fondateur de ces disciplines si riches en histoire. L’objectif premier est précisément la découverte et la promotion de ces arts au sens respectueux du terme.

L’Eskrima est, à ce jour, également pratiquée comme un sport compétitif, bien qu'il n’existe encore peu de « normalisation ou d'uniformité ». L’organisme le plus connu en la matière est la WEKAF (World Eskrima Kali Arnis Fédération ).

      

Les armes

    

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L'arme la plus couramment utilisée dans l’apprentissage est un bâton en rotin, dont la longueur peut varier de 45cm à 70cm selon les écoles et les styles. On peut travailler soit avec un seul bâton, soit avec deux bâtons. On peut également le travailler en combinaison avec une autre arme tel que le couteau ou la dague. D'autres bâtons utilisés pour la formation et pour certains combats sont faits en cœur de palmier ou d’ébène, brûlés et durcis. Ils peuvent également être réalisés en aluminium ou autres métaux. Les bâtons peuvent aussi être rembourrés, même si cette pratique n'est généralement utilisée que dans les écoles d’Amérique du Nord ou d’Europe. Les autres armes utilisées sont le couteau ou la « dague » (en référence au duel avec les conquistadors),  le Kerambit, de nombreuses épées ou machettes et le bâton long (Sibat)

On trouvera d'autres armes encore, selon les approches propres aux différentes écoles, cultures et traditions

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Ce court historique a été réalisé à partir de textes personnels mais aussi de différents sujets, traités et diffusés par des instructeurs d’arts martiaux philippins. De nombreux thèmes n’y sont évidemment pas abordés ; Ceux qui le sont, évidemment incomplets. Il s’agit ici d’informer et d’éclairer au mieux sur cette pratique pour en faire la meilleure promotion auprès du public.

 

Christophe SOULIE

 

À propos

L'Académie Francaise AMSEA, fondée et présidée par Christophe SOULIE, à pour but le développement des Arts Martiaux du Sud Est Asiatique; Kali. Silat. Panantukan. Majapahit Martials Arts, à travers l'enseignement, la formation et toutes autres diffusions.